JOJ Dakar 2026 : sept jours de mission MExchange pour des entrepreneurs français au Sénégal
Du 25 octobre au 2 novembre 2026, Mieux Entreprendre a emmené une délégation de 10 entrepreneurs français à Dakar. Au programme : démarches d’implantation, rencontres avec les institutions et les réseaux locaux, signature d’une charte de coopération décentralisée entre l’Île-Saint-Denis et Ngor, et ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse. Retour sur une semaine de mission.
Dakar, Sénégal · Mission MExchange · Avec le soutien de la Région Île-de-France et du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis
Dakar, une destination qui s’inscrit dans la durée
C’est la 4ᵉ fois que Mieux Entreprendre organise une mission d’entrepreneurs français à Dakar, et la 7ᵉ mission MExchange au total, l’association proposant également ce format au Québec.
Le principe : 5 à 7 jours d’immersion pour comprendre les clés de l’entrepreneuriat au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Experts, investisseurs, banquiers, entrepreneurs locaux et acteurs de l’accompagnement se relaient pour aider les participants à transformer des opportunités en projets, dans des hubs économiques à fort potentiel.
Cette édition coïncide avec les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Elle permet d’observer l’économie locale à l’approche de l’événement et de s’intéresser à son héritage.
▸ S’implanter quelque part commence rarement par un contrat : cela commence par une rencontre, et par le temps qu’on accepte de donner à l’autre. Chaque rendez-vous est choisi selon le profil des entrepreneurs de la délégation, pour qu’ils rencontrent des acteurs locaux avec qui construire des collaborations durables.
Jour 1 : les démarches, les équipes, le marché
La première journée est consacrée aux questions pratiques d’une implantation au Sénégal.
L’APIX, l’Agence nationale de promotion des investissements et des grands travaux, est le point d’entrée pour s’établir dans le pays. Création d’entreprise, assistance aux investisseurs, facilitation des procédures administratives : les entrepreneurs ont pu l’interroger sur les étapes concrètes d’une installation.
À l’Ambassade de France, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a abordé la mobilité et l’intégration, des sujets qui se posent dès qu’on envisage de faire travailler des équipes entre la France et le Sénégal.
Business France Sénégal – Mauritanie, agence nationale au service de l’internationalisation de l’économie française, a ensuite présenté le contexte économique sénégalais, puis les étapes qui vont « de la prospection à l’installation ».
▸ Avant d’entreprendre quelque part, il faut comprendre les règles du lieu : comment on y crée une structure (APIX), comment des équipes circulent entre deux pays (OFII), dans quel contexte économique on s’inscrit (Business France). S’installer, c’est d’abord apprendre.
Jour 2 : incubateurs, sport et PME
Le deuxième jour est celui des rencontres de terrain, avec des structures qui accompagnent l’entrepreneuriat sénégalais.
Le CTIC Dakar, incubateur de startups TIC, se présente comme un hub de référence de l’entrepreneuriat numérique en Afrique de l’Ouest. Il accueille startups, porteurs de projets et acteurs de l’innovation. Alassane Diallo a reçu la délégation, aux côtés d’entrepreneurs dont Serge Sylva, du hub 221, qui ont partagé leur expérience du terrain. Ils ont aussi proposé une soirée de networking avec des entrepreneurs locaux, qui aura lieu quelques jours plus tard.
La rencontre avec Abdoulaye Sidibe et Incubasport a une dimension particulière. Accompagné par Mieux Entreprendre lors de la première mission MExchange à Dakar en 2023, il portait déjà l’ambition de créer des solutions de reconversion professionnelle et entrepreneuriale pour les sportifs. Trois ans plus tard, le projet existe : porté par la Ville de Dakar et coordonné par Abdoulaye Sidibe, Incubasport accompagne des sportifs en fin de carrière pour valoriser leur expérience, développer leurs compétences et construire leur projet. Un projet qui touche au sport, au moment où Dakar se prépare à accueillir les JOJ.
L’ADEPME, Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises, accompagne la structuration et la croissance des PME sénégalaises. Reçue par son directeur général, Ismaïla Kébé, la délégation a abordé les dispositifs d’appui aux entreprises et la mise en relation avec des PME du réseau de l’agence.
▸ La confiance ne se décrète pas, elle se construit dans la durée. Plusieurs de ces acteurs accompagnent Mieux Entreprendre depuis la première mission à Dakar, et retrouver Abdoulaye Sidibe trois ans plus tard, à la tête de son incubateur, montre ce qu’une relation suivie rend possible.
Jour 3 : rendez-vous BtoB et réseaux consulaires
La matinée est consacrée aux rendez-vous BtoB. Certains participants ont engagé les démarches de création de leur entreprise à Dakar. D’autres ont retrouvé clients, prospects et partenaires pour poser les premiers jalons de collaborations futures. Ces rendez-vous se tiennent à l’approche des JOJ, que la mission suit aussi sous l’angle de l’économie locale.
À midi, la délégation déjeune avec des Conseillers du Commerce Extérieur (CCE), chefs d’entreprise bénévoles qui mettent leur expérience de l’international au service des entreprises françaises. L’échange porte sur le terrain « sans détour » et sur l’ouverture de leur réseau. Frédéric Bardenet et Pascale Alexandre y ont participé. Les premières synergies sont apparues avant même la fin du repas.
L’après-midi, la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD) a présenté son rôle et ses services. Institution de référence pour les entreprises de la région, elle représente et accompagne le tissu économique local, et a facilité des mises en relation avec des interlocuteurs sur place. Le Dr Mbaye Chimère Ndiaye et ses équipes ont reçu la délégation.
▸ Un contact n’a de valeur que s’il est entretenu. Les rendez-vous BtoB et les réseaux consulaires ouvrent des portes, mais c’est le temps qui décide de ce qui en sort : les contacts sont pris, il reste à les faire vivre.
Jour 4 : jeunesse, formation et diplomatie territoriale
La quatrième journée comprend deux rendez-vous institutionnels et un dîner.
Le matin, la CONFEJES, Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie, organise une cérémonie au stade Léopold Sédar Senghor. Des porteurs de projet y sont récompensés pour des initiatives en matière d’innovation, d’inclusion et de sport, présenté comme un terrain d’innovation et d’impact social. Une conférence sur l’héritage des JOJ Dakar, avec ses colloques, pose une question simple : que laisse-t-on concrètement aux territoires et à la jeunesse ? Geoffrey Carvalhinho, vice-président de la Région Île-de-France, y prend la parole.
La délégation se rend ensuite au 3FPT, le Fonds de Financement de la Formation professionnelle et Technique. L’organisme finance la formation initiale des jeunes, soutient les établissements de formation et finance des programmes à destination des entreprises, pour que chaque jeune trouve sa place dans l’économie locale. Un sujet qui rejoint la question de l’héritage des JOJ posée le matin même. Son directeur général, Souleye Kane, et son équipe ont consacré du temps à la délégation.
La journée s’achève par un dîner à Saly. Y participent le maire de l’Île-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly, le maire de Villetaneuse, Dieunor Excellent, le représentant de l’ambassade du Sénégal en France, Cheikh Agne, la délégation de jeunes de l’Île-Saint-Denis, des entrepreneurs et des élus. Un moment de networking où les idées se croisent et les projets prennent forme.
▸ Former un jeune, c’est parier sur l’avenir d’un territoire. La question posée à la conférence sur l’héritage des JOJ, ce que l’on laisse concrètement aux territoires et à la jeunesse, vaut aussi bien pour les institutions que pour les entrepreneurs.
Jour 5 : une charte entre deux îles
Le cinquième jour s’ouvre sur un moment institutionnel : la signature de la charte de coopération décentralisée entre la ville de l’Île-Saint-Denis, représentée par son maire Mohamed Gnabaly, et la ville de Ngor, représentée par Magueye Ndiaye. Elle a été mise en place par Mieux Entreprendre et Sebastien Lenhoff-Aubry.
Le texte engage les deux villes à faire vivre le lien entre deux territoires, deux îles, avec les entrepreneurs et la jeunesse au cœur de la démarche. Une approche qui fait écho à la thématique des JOJ, centrée sur la jeunesse.
La délégation rencontre ensuite l’OPTIC, l’Organisation des Professionnels des Technologies de l’Information et de la Communication au Sénégal. Créée en 2003, elle fédère près de 80 entreprises et organisations, PME et startups en tête. Elle porte la voix des entreprises du digital auprès des pouvoirs publics, travaille sur la souveraineté numérique et la cybersécurité, et soutient un écosystème tech local qui se fait remarquer au-delà des frontières. Seye Abdoulaye et ses équipes ont reçu la délégation. OPTIC Sénégal fait désormais partie des partenaires de Mieux Entreprendre.
La journée se termine par une soirée de networking avec le club Hub221. Au programme : des stands valorisant le savoir-faire local, une intervention d’Hamadounn Ben Aya sur l’intelligence artificielle et l’identité numérique, puis un cocktail dînatoire. Serge Sylva et Marie Jeanne Faye en étaient les hôtes.
▸ Une charte est une promesse écrite entre deux territoires, et une promesse ne vaut que par ce qu’on en fait. Entre deux îles, Ngor et l’Île-Saint-Denis, l’enjeu est de transformer un texte en liens vivants, avec les entrepreneurs et la jeunesse.
Jour 6 : l’ouverture des JOJ Dakar 2026
La sixième journée coïncide avec la cérémonie d’ouverture des JOJ Dakar 2026, au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio.
La devise de ces Jeux, « L’Afrique accueille, Dakar célèbre », en fait le premier événement sportif olympique organisé sur le continent africain. Elle renvoie à l’hospitalité africaine et à l’esprit festif de la ville hôte, et invite la jeunesse du monde entier à se rassembler pour façonner un avenir commun.
Dans les tribunes, des milliers de spectateurs, de la musique, des couleurs. Pour les entrepreneurs de la délégation, la cérémonie dépasse le cadre du spectacle : elle met la jeunesse en avant sur la scène internationale, et elle crée des opportunités pour tout un écosystème (tourisme, services, culture, numérique, savoir-faire local). Elle illustre aussi ce que le continent peut offrir en matière d’ambition, de créativité et d’esprit d’entreprise.
Un message qui rejoint les valeurs de la mission MExchange : relier les territoires, les entrepreneurs et la jeunesse.
Les temps forts de la cérémonie sont détaillés sur le site du ministère sénégalais de la Jeunesse et des Sports.
▸ Un événement olympique dure quelques semaines ; ce qu’il laisse se joue après. La devise « L’Afrique accueille, Dakar célèbre » (Afrig Dalal, Ndakaaru Jëmël en wolof) rappelle que l’hospitalité est aussi une manière de se raconter au monde.
Jour 7 : colloque à Ngor et mise en perspective
La dernière journée se déroule à la mairie de Ngor, avec un colloque consacré à la nouvelle coopération décentralisée entre Ngor et l’Île-Saint-Denis, signée deux jours plus tôt.
Autour de la table : le maire de l’Île-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly, et ses élus, le maire de Ngor, Magueye Ndiaye, et ses élus, Sebastien Lenhoff-Aubry, maître d’œuvre de cette coopération, ainsi que des entrepreneurs et des habitants des deux villes.
L’objectif : construire ensemble cette coopération et définir les liens concrets à envisager entre les deux territoires, notamment autour de la jeunesse, de l’entrepreneuriat et des échanges de compétences.
La mission se clôt par un déjeuner avec Geoffrey Carvalhinho, vice-président de la Région Île-de-France chargé de la Jeunesse et de la Promesse républicaine, et ses équipes. L’occasion de revenir avec les entrepreneurs sur les enjeux de la semaine et sur les moyens de prolonger les synergies créées pendant la mission. Geoffrey Carvalhinho était déjà intervenu le jour 4, lors de la conférence sur l’héritage des JOJ.
▸ Passer de la charte aux projets, c’est passer d’une intention à une pratique. Autour de la table, des élus, des entrepreneurs et des habitants des deux villes : une coopération se construit avec ceux qui la vivent, pas à leur place.
Ce que la mission doit à ses soutiens
Cette mission MExchange a été rendue possible par le soutien de la Région Île-de-France et du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Ce soutien permet à Mieux Entreprendre, depuis 4 missions à Dakar et 7 missions à l’international, de rencontrer ses partenaires et de faire vivre ses coopérations sur le terrain, aux côtés des entrepreneurs et des territoires.
L’association remercie également les équipes des deux villes de L’ile-Saint-Denis et de Ngor, les entrepreneurs, les partenaires et l’ensemble des hôtes sénégalais pour leur accueil.
La semaine s’achève, le travail se poursuit : les contacts pris à Dakar, les projets de collaboration avec les partenaires historiques et la mise en œuvre de la charte entre l’Île-Saint-Denis et Ngor doivent désormais se concrétiser. Les JOJ ont servi de toile de fond à cette semaine, et la question de leur héritage, posée au jour 4, reste ouverte pour les territoires comme pour les entrepreneurs.






















































